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Vlan!

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By: Gregory Pouy
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Summary

Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.
Tendance humaniste.

Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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Politics & Government Social Sciences
Episodes
  • [Solo] Ce que disent les pillages du 17 octobre pour le marketer que j'ai été
    Nov 5 2026
    Ceci est un épisode solo comme vous y êtes habitués désormais, c'est une version longue de ma newsletter à laquelle vous pouvez vous abonner gratuitement toujours. Je me suis posé pour creuser un sujet qui déchire la France : les pillages du 17 Octobre. J'ai voulu prendre un peu de recul pour essayer de comprendre et donc expliquer sans nécessairement pardonner.Ce jour-là, plus d’un demi-million de personnes sont descendues dans la rue contre la vie chère, et la France n’a retenu que les vitrines. Je suis absolument dévasté pour les commerçants et je ne cherche à excuser personne, mais j’ai voulu comprendre ce que disent ces pillages. Dans Mediapart, j’ai lu le témoignage de Nassim, un intérimaire de 25 ans. Il parle de « joie ». Il explique que les Master Poulet n’ont pas été touchés parce que « ceux-là on ne nous a jamais dit que ce n’était pas pour nous ». En le lisant, j’ai pris en pleine figure ce que j’ai fait pendant vingt ans : fabriquer de l’envie et la mettre sous les yeux des gens au bon moment.Dans cet épisode, nous parlons de la tribune de Benoît Heilbrunn dans Le Monde et de son livre Le Poison de la reconnaissance. Nous parlons de l’anthropologue Edmund Leach et des exutoires qu’une société doit offrir à sa violence, de Baudrillard et de sa fun-morality, de Bourdieu, de la violence symbolique et de cette phrase terrible : « ce n’est pas pour nous ». Nous parlons de la vitrine qui a quitté le centre-ville pour entrer dans la poche de chaque adolescent, et du pillage filmé comme une story. Nous parlons de la fomo, ce mot de marketeur que j’ai aidé à installer en France et que je retrouve dans la bouche d’un jeune qui retourne affronter les CRS. Nous parlons aussi du carnaval perdu, du monde à l’envers pour une nuit, et de l’État qui ne sait plus lire ses quartiers.Mais je n’ai pas voulu d’une belle histoire trop propre. J’ai cherché les cas où ma théorie ne tient pas, à commencer par Rayan, 19 ans, qui ne parle ni de dignité ni de fête mais de « ruée vers l’or ». J’en tire quatre pillages superposés dans la même nuit : la nécessité, la reconnaissance, la fête et l’opportunité. Une idée les relie : la consommation a construit le seul lieu commun où tout le monde est censé se retrouver.Je termine avec Spinoza et Girard, sur les deux désirs qui portent le même nom. Je parle aussi de ce qu’on pourrait faire concrètement pour retirer à la consommation son monopole de l’intégration sociale, et de la joie rebelle face à la joie pillée. Parce qu’on a appris à ces jeunes à désirer intensément des objets, et qu’on leur a retiré la possibilité de désirer un futur.3. Citations marquantes« Ce genre de commerce n’a pas été touché car ceux-là on ne nous a jamais dit que ce n’était pas pour nous. » (Nassim, cité dans l’épisode)« Le souci n’est pas seulement que certains consomment moins qu’avant, c’est qu’ils restent soumis à l’obligation de désirer. »« L’abondance ne supprime pas le manque, elle le met en scène tous les jours. »« Ce n’est pas un appel politique qui l’a fait descendre, c’est une notification. »« On a appris à ces jeunes à désirer intensément des objets, et on leur a retiré la possibilité de désirer un futur. »Bonus : « Une société qui oblige à désirer tout en interdisant d’espérer finit toujours par récolter ce qu’elle a semé. »4. Idées centrales1. La consommation comme dispositif de pacification (≈ 11:30)Avec Heilbrunn et Leach : une société doit offrir des exutoires à sa violence, et la consommation a longtemps joué ce rôle. Elle a transformé une blessure sociale en problème individuel. La marchandise ne supprime pas l’inégalité, elle la rend supportable.Pourquoi ça compte : on ne regarde plus la consommation comme un simple plaisir ou un moteur économique, mais comme une soupape. Et quand une soupape lâche, ça fait du bruit.2. L’obligation de désirer sans pouvoir acheter (≈ 18:00)La mécanique ne tient que si l’achat reste possible, ou au moins imaginable. Or la société continue de fabriquer des désirs tout en réduisant les moyens d’y accéder. La frustration naît de l’écart entre ce qu’on nous montre et ce qu’on peut atteindre.Pourquoi ça compte : le débat sort de la seule question du pouvoir d’achat. Les moyens disparaissent, mais l’injonction à désirer reste intacte.3. « Ce n’est pas pour nous » : la violence symbolique franchie (≈ 22:30)Bourdieu et Passeron l’ont montré : les classes populaires apprennent à se refuser ce qui leur est refusé. Le 17 octobre, des gens ont poussé physiquement une porte qu’on leur avait appris à ne jamais pousser. Mais prendre le sac ne donne pas les codes.Pourquoi ça compte : ça explique pourquoi les images de la place Vendôme ont autant choqué. Et pourquoi même ceux qui ont appris les codes, comme Ruben...
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    50 mins
  • 📣 Vlan! présente Avant-Poste - #5 À quoi ça sert, vraiment, un amortisseur social ?
    Nov 3 2026

    Retrouvez l’ensemble des épisodes du podcast Avant-Poste de Unédic ici

    #5 À quoi ça sert, vraiment, un amortisseur social ?

    Face aux crises économiques, certains dispositifs permettent de limiter les effets les plus brutaux du chômage et de la précarité. On les appelle les amortisseurs sociaux.

    Que recouvre exactement cette notion ? Et dans quelle mesure ces mécanismes protègent-ils réellement les individus ?

    Au-delà des parcours individuels, ces dispositifs jouent aussi un rôle clé pour la stabilité économique et sociale dans son ensemble.

    Dans cet épisode, Léa Lejeune reçoit l’économiste Christine Erhel, professeure au Cnam et chercheuse au CEET, pour décrypter le rôle de ces dispositifs, en France et en Europe.

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    28 mins
  • #414 La violence n'est pas une fatalité avec Guillaume Soto Mayor
    Nov 3 2026
    Guillaume Soto-Mayor est chercheur spécialiste des violences et fondateur d’Égrégore. Il publie La violence en héritage, un livre-manifeste qui démonte l’idée selon laquelle la violence serait inscrite dans la nature humaine.Guillaume et moi vivons tous les deux à Lisbonne, et c’est à Paris, dans un très beau costume (le sien, pas le mien), qu’on a fini par se retrouver pour enregistrer. J’avais lu son livre avant sa sortie et je voulais relever un défi un peu fou : parler de violence et de joie rebelle dans la même conversation. Pour moi, ça tient debout. La joie rebelle n’a rien d’un déni de l’effondrement, c’est une manière d’y résister.Dans cet épisode, nous parlons de ce que notre société fait à ses enfants : la pauvreté, l’inceste, les écoles amiantées, les 23 000 infirmières scolaires qui manquent, les enseignants à bout, la liberté d’un enfant de dix ans réduite à quelques centaines de mètres. Et de cette violence symbolique qui consiste à présenter des mineurs en colère comme des casseurs pour ne pas avoir à les écouter.J’ai questionné Guillaume sur la grande idée reçue de notre époque, « l’homme est un loup pour l’homme », et il m’a répondu avec ce que disent les sciences de l’évolution et de la psychologie : face aux catastrophes, notre premier réflexe est la solidarité. On a ensuite remonté le fil d’une architecture très concrète, celle des réseaux Atlas et Périclès, de Hayek, de Milton Friedman, de The Sovereign Individual et de cette élite qui pense mériter de diriger les autres. On a parlé de la rupture éthique des années 70-80, du jour où le camp progressiste s’est dit que le job était fait, de CNews, de l’autobiographie de Jordan Bardella et de cette vérité qui dérange : en face, on vend aussi du désir et de la reconnaissance, et les humanistes ont oublié de le faire.On a fini sur ce qui donne de l’élan : la corruption comme combat oublié qui soulève les foules de l’Inde à l’Albanie, la force de la lucidité, le collectif qui permet d’assumer nos faiblesses, le rire, l’inutile, et cette idée qu’une vie trop contrôlée ressemble à un tuyau dans lequel on glisse jusqu’à la mort.Citations marquantes« On ne parle même pas de les écouter, on ne parle même pas de les intégrer dans des décisions. »« L’intégralité de la science nous montre l’inverse : le réflexe humain, il est dans le lien, il est dans la solidarité. »« Les médias, c’est la pièce centrale, parce que c’est celle qui permet à la fois d’imposer un régime de vérité et de projeter du désir. »« Au moins chez eux, on n’est pas méprisé, on existe. »« On assume les dépendances. C’est comme ça qu’une architecture fonctionne. »Idées centrales discutées La violence faite aux enfants est systémique (00:09 à 00:21)Guillaume aligne les traumas que l’on refuse de relier entre eux : faim, mal-logement, violences sexuelles, écoles délabrées, manque de soignants et d’enseignants, angoisse écologique, arrivée de l’IA. S’y ajoutent la disparition du jeu libre dehors et l’absence de modèles positifs.Pourquoi ça compte : on ne peut pas exiger le calme d’une génération à qui l’on retire tout, puis répondre à sa colère uniquement par la répression.L’homme n’est pas un loup pour l’homme (00:24 à 00:29)Les travaux sur l’entraide, dont ceux de Pablo Servigne, montrent que même dans les catastrophes humanitaires ou post-conflit, le premier réflexe humain est le lien. Les lieux où l’on vit le plus longtemps sont ceux où l’on mange ensemble.Pourquoi ça compte : croire à une violence naturelle rend la violence acceptable, et le repli sur soi désirable.Le conflit n’est pas le problème, ce sont les institutions qui l’absorbent (00:29 à 00:36)Guillaume ne veut pas abolir toute violence : les grandes avancées sociales sont nées dans le conflit. L’enjeu est de construire des espaces qui le transforment : démocratie, syndicats, tribunaux, droit de manifester, arts.Pourquoi ça compte : c’est cette mécanique d’élévation collective qui s’est enrayée.La rupture éthique des années 70-80 (00:35 à 00:50)Les progressistes ont cru les combats gagnés et ont laissé le marché s’occuper du reste. Pendant ce temps, l’école de Chicago, le réseau Atlas et les « revendeurs d’idées de seconde main » de Hayek ont imposé le néolibéralisme comme une évidence.Pourquoi ça compte : la paix libérale et le new public management ont démonté les infrastructures qui tenaient la société.Une architecture des acteurs de violence (00:36 à 00:56)Atlas, Périclès, The Sovereign Individual, Palantir, médias de milliardaires : une vision commune d’une humanité à deux vitesses, avec une élite qui mérite et une masse à exploiter et à contrôler. Sur le terrain, une maïeutique sociale échange des services contre une adhésion...
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    1 hr and 17 mins
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